Deep Time : Un dialogue avec le mobilier de la galerie

Jardin du Palais Royal - Paris
10 oct 2026 - 14 nov 2026
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Pour son exposition d’automne, Mouvements Modernes s’associe à l'agence Vestige pour présenter le travail de la peintre Jenna Bitar dans un audacieux intérieur ponctué de design contemporain et de pièces emblématiques de design historique des années 80-90, celui de la galerie Néotù.

 

L’amitié entre les commissaires d'exposition française et new yorkaise, Manon Canto et Snow Guilfoyle a donné naissance à Vestige : une agence transatlantique façonnée par leur regard, leur instinct et leur foi commune en l'art.

Évoluant entre l’Europe et les États-Unis, Vestige met en place le contexte, les relations et la stratégie qui permettent à l’oeuvre d’un artiste d’aller plus loin, de trouver un écho plus profond et de laisser une empreinte durable.

Artiste contemporaine franco-libanaise, Jenna Bitar est née à Paris et élevée à Bali.

Cette double culture, alliée à une enfance passée au contact de paysages tropicaux, nourrit profondément son regard et sa pratique artistique.

Elle développe un langage pictural singulier inspiré des vues aériennes de la Terre, où se rencontrent formations géologiques, reliefs océaniques et structures organiques.

Ses oeuvres explorent les correspondances entre le microcosme et le macrocosme, révélant les géométries récurrentes qui traversent le vivant, des nervures d'une feuille aux réseaux fluviaux observés depuis le ciel.

Travaillant avec des médiums issus de matières organiques et un processus largement intuitif, Jenna Bitar conçoit la peinture comme un espace où intention et émergence coexistent. Ses compositions invitent à une contemplation lente et immersive, proposant une re-connexion sensible avec la nature et les rythmes qui la façonnent.

 

Pour cette exposition, Jenna remonte le temps. On quitte la surface du vivant pour s’enfoncer dans la croute terrestre, la sédimentation, les stratifications, la géologie. Sa peinture atteint une troisième dimensions avec des tons telluriques, une épaisseur, une texture de pierre accumulée en couches, ponctuées d’explosions telle une mémoire minérale. La roche est la mémoire de millions d’années condensées dans quelques centimètres de matières, comme aurait pu nous le souffler le géologue écossais James Hutton. C’est cette infinité contemplative que l’on retrouve dans les oeuvres de Jenna Bitar.

 

Le mobilier est lui aussi une mémoire, celle d’une époque. Il est l’emprunte d’un homme, d’un binôme designer/artisan qui donne à voir une société, ses usages, son esthétisme, sa liberté. La matérialité, la texture sont le fil conducteur de ce dialogue entre les peintures et le mobilier, tel que le gougé dans le mobilier en chêne de Fabien Petiot, ou encore avec les fers martelés de Garouste et Bonetti. La similitude entre les laves émaillées des plateaux des consoles et table d’appoint de la collection Robinson de Rena Dumas et la matérialité des peintures de Jenna Bitar est troublante.

Comme un basalte, une obsidienne, pierre noire que l’on trouve sur les cotes Est d’Australie où passe beaucoup de temps la peintre, la matérialité de la peinture de Jenna Bitar nous plonge dans une méditation qui nous fait remonter les époques et nous procure un apaisement face à cette immensité.